Pour produire 92 TWh/an avec uniquement du PV et de l’éolien, en doublant les STEP actuelles (200 GWh, 6 600 MW), il faut :
Le scénario 100% ENR en autarcie est physiquement irréalisable à l'échelle nationale.
Le surdimensionnement requis touche à l’absurde et le gaspillage est massif.
Pour stocker l’excès estival et le restituer en hiver, il faudrait 1 200 à 1 800 GWh de capacité de stockage artificielle.
La totalité des bassins suisses existants (Grande Dixence, Lac des Dix, etc.) — déjà utilisés pour la production hydraulique —
représentent ~8 900 GWh, mais ils ne peuvent être dupliqués.
Aucune technologie électrochimique ne peut être déployée à cette échelle à un coût raisonnable.
En comparant les investissements totaux sur un siècle (tenant compte des renouvellements) :
Scénario nucléaire (0% ENR) 71 Mds CHF 50 Mds nucléaire + 21 Mds STEP
Scénario 100% ENR (2× STEP) 637 Mds CHF 574 Mds PV + 42 Mds éolien + 21 Mds STEP
▶ Même un scénario « optimisé » avec stockage quadruplé coûterait 9 fois plus que la solution nucléaire, pour un résultat moins fiable.
L’étude conclut en dix points stratégiques. Les principaux :
Le calculateur interactif de ce site prolonge cette étude avec une interface permettant d’explorer les scénarios et leurs coûts.
Les conclusions principales sont compatibles : dans un cadre d’autarcie, le nucléaire domine sur le coût complet. Mais l'autarcie reste relative car l'apport du gaz (ou des importations) peut s'avérer nécessaire
La différence méthodologique principale est que le calculateur utilise des batteries BESS (pas de STEP supplémentaire), ce qui élimine la contrainte géographique du pompage-turbinage.
L’ étude ETH/PSI a une approche fondamentalement différente : optimisation multi-modèles avec hypothèse d'intégration européenne. Les importations hivernales y remplacent le stockage saisonnier. Cette hypothèse est l’enjeu central d'un débat systématiquement mal engagé.