Pas de prospérité sans énergie

L’énergie est un des principaux facteurs nécessaires à la vie ainsi qu’au bien-être que notre espèce n’a cessé de développer. 

Ce n’est pas un vil coût, honteux et à proscrire, mais une composante essentielle de la prospérité. 

Que l’on continue à se le dire, surtout lorsque les éco-anxieux, les technophobes et les adeptes de la décroissance réussissent à faire croire le contraire.

L’Energy Institute publie son rapport annuel en juin et ces données sont mises à jour dans l’outil
MR’s Data.

Croissance et croissances

Tableau 1   Résumé de la croissance annuelle (tendances sur 5 ans) des indicateurs globaux majeurs.
Situation à fin 2025.
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La croissance de la consommation d’énergies primaires est inférieure à celle du PIB, signe d’augmentation de l’efficience énergétique, mais elle est aussi supérieure à celle de la population, signe d’augmentation de moyens d’action mis à disposition de chacune et chacun. 

Par ailleurs, les adeptes de Malthus continuent de se tromper : au cours des 50 dernières années, la population mondiale a crû de 1,43 % par an et la production de céréales de 1,73 % par an.

Figure 1     Croissance du PIB mondial par habitant de 1970 à 2025 en relation avec la consommation d’énergie
Les crises se font sentir mais la tendance à long terme est claire
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Dans la relation entre énergie (cause) et économie (effet), la trajectoire du Monde (ci-dessus) confirme que la prospérité économique dépend de l’emploi d’énergie. Examinons cependant la trajectoire de quelques contributeurs importants :

Figure 2      Trajectoires corrélant développement économique et consommations d’énergie, de 1970 à 2025.
Attention ! échelles logarithmiques.
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Pour les 27 pays de l’Union européenne et la Suisse, un renversement de tendance est observable depuis le début du millénaire : on gagne plus en consommant moins. 
Chaque Américain consomme une même quantité d’énergie pour augmenter le PIB par habitant : il gagne plus en consommant autant. 
Quant à l’Inde et la Chine, ces pays ne sont pas [encore] arrivés à un tel point d’infléchissement.

Cette inversion de tendance s’explique par la part toujours plus grande que les services prennent dans la structure économique. Fondés sur le verbe et la logistique, les services n’ont pas la même intensité énergétique que les activités industrielles.

Figure 3      Impact de l’industrie sur la prospérité économique. de 1990 à 2025. Attention à l’échelle logarithmique !
La trajectoire se déplace vers la gauche avec le temps. 
Pour l’Inde, la part de l’agriculture est restée longtemps prépondérante dans son économie. 
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Qu’en est-il de la décarbonisation ?

Alors que l’objectif de décarbonisation est lié à la nécessité de ralentir ou même de stopper l’augmentation de la concentration en CO2 dans l’atmosphère, c’est avant tout par une électrification générale des transports, des chauffages et des processus industriels que cela devrait se faire. D’autres industries doivent aussi réformer radicalement leurs procédés. Rappelons aussi les désagréments géopolitiques, répétitifs et à courts termes, que cause la dépendance envers les pays producteurs de ces carburants, les USA le premier d’entre eux.     

Il n’est pas du tout nécessaire de couper les cheveux en quatre dans le sens de la longueur de la molécule de CO2 pour savoir comment évolue la tendance à la décarbonisation. La consommation des carburants fossiles est facile à comptabiliser car ce sont des tonnes, barils ou mètres cubes qui sont mesurables.

Figure 4 Part des combustibles fossiles dans le mix énergétique total (traits pleins) et dans celui de l’électricité (traits tillés).
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De manière générale, la part des fossiles dans le mix énergétique ou dans le mix électrique est en baisse, comme le montre la diagramme ci-dessus. Cependant, le moins que l’on puisse dire est qu’un net zéro n’est pas à vue humaine.

Figure 5      Vitesse de décarbonisation et part de carburants fossiles dans le mix énergétique. Situation 2025
Attention : la tendance sur 5 ans est encore influencée par les inactivités liées à la pandémie Covid-19.
Accéder à ce diagramme sur MR’s Data pour, par exemple, en changer l’année de référence.

La tendance à la décarbonation est générale, mais il faut bien noter que le Monde dépend encore à 86,2 % des carburants fossiles. Il y a des moins bons élèves, comme l’Allemagne qui pourtant sert encore d’exemple pour la stratégie énergétique du Conseil fédéral suisse. 

Que les écolos intègrent bien ceci : aucun panneau solaire, aucune éolienne, aucune bicyclette ne peut être construit sans de l’énergie provenant à 86,2% des carburants fossiles.

Figure 6      Tendance mondiale à une moindre dépendance au carburants fossiles.
Taux moyens de variation sur 5 ans de la part des fossiles dans toutes les énergies primaires (trait plein) et dans la production d’électricité (trait tillé). 
Note: ce diagramme de vitesse de la décarbonisation est la dérivée de la figure 4.Accéder à ce diagramme sur MR’s Data

Pour l’électricité, la transition des centrales thermiques du charbon vers des turbines à gaz plus efficientes a fourni la plus forte part du progrès. 
En Chine, 2025 est la première année où l’emploi du charbon comme énergie primaire a diminué.

La figure 6 montre que la décarbonisation n’a commencé à être globale que depuis 2015 et stagne autour d’une baisse de 0,3 pourcents par année. 
À ce rythme, il faudrait 86,2/0,3 = 287 années pour atteindre un zéro absolu.

Et les renouvelables dans tout cela ?  

Eh bien, il faut les renouveler tous les 25-30 ans, sauf l’hydroélectricité, plus robuste. 

Leur part dans le mix est ce qui reste après avoir soustrait les fossiles et le nucléaire, soit 5,2 % de la consommation d’énergies primaires. 

C’est un exemple d’exponentielle lente qui a tendance à se transformer en sigmoïde. 

Rappelons que toute transition énergétique n’est faisable qu’avec l’énergie dont on dispose. Plus vite les fossiles seront interdits, plus lente sera la transition.

Pour l'approvisionnement électrique de la Suisse après qu'elle aurait effectué sa transition vers le "net zéro carbone", le calculateur de ce site permet de comparer des scénarios